Apprendre à disparaître

Je réalise un décor - ou je l’achète.
J’organise des séances de prises de vues.
Le procédé est toujours le même: j’enroule la tête du modèle avec une bande de même motif que le fond et celle-ci semble disparaître sur la photo que je fais de cette mise en scène.

De l'extérieur ce travail peut s'apparenter à du camouflage, en tout cas a une altération de la forme par le fond.
De l'intérieur, ce qui est vécu par le " modèle-spectateur », cette certaine « singularité du public », l'œuvre n'est plus de l'ordre de la disparition mais plutôt de l'apparaître à soi même.

Le moment est "immortalisé " par une photographie qui n'est pas l'œuvre, elle est le prétexte à l'échange. L'échange dans la contemporeineite de l'expérience du spectateur et de l'artiste.
La photo sous forme numérique est envoyée au modèle, il lui suffit de m’envoyer un mail - je lui donne mes coordonnées électroniques lors de la prise de vue - et de décrire sa silhouette, les couleurs de ses différents habits et le contexte.

L’expérience s’arrête là en général.
Les photographies ne sont jamais tirées sous la forme d’un " tirage photographique" - je ne suis pas photographe et je n’aime pas « l’absence » que l’image photographique d’une figure convoque.

Cependant je retravaille et manipule certaines d’entre-elles dans le champ pictural et dans des monotypes résultants de surimpression en risogaphie.

Quelques photographies sont visibles ici : www.flickr.com/photos/106946693@N02
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