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PORTRAITS DISPARUS
En 2007, lors d’une résidence au Kaus Australis à Rotterdam, un autre troupeau sensiblement différent dans la forme et sa grammaire est venu enrichir mon travail. J’avais fait de grands collages de bandes de scotchs. Les taches monochromes de peinture et les lignes de ces bandes créaient une trame recouvrant le mur. À la suite et devant cette oeuvre, j’ai réalisé des prises de vues de personnes portant sur le visage un morceau inutilisé de ce collage, une sorte de masque aveuglant le modèle et faisant disparaître dans la photographie son visage dans le fond.
Hybridation, réunion, aliénation, adéquation ?

Insatisfait par le résultat photographique de ces prises de vues, j’ai décidé de peindre ces photos sur toile. Pour des raisons d’abord techniques, j’ai réalisé ces travaux sur des toiles imprimées préalablement. Quelques unes de ces oeuvres portent les titres « Anonyme », Chacune est un portrait d’une personne sans papier rencontré par hasard. C’est aussi par là qu’ est revenu le tableau dans ma pratique, la confrontation avec ce sujet sans droit et son insistance à demeurer sujet.

La peinture est ici en quelque sorte aliénée à la photographie, elle ne se déploie que dans l’espace, couche par couche, son développement dans le plan ne se fait qu’ au fil de maladresses (+ ou - accidentelles) à suivre l’image. C’est cette mise à distance de l’image tout en semblant lui faire allégeance qui m’intéresse : cet espace ambigu de l’entre deux.

J’ai mis en oeuvre pour réaliser ces toiles des procédés qui s’apparent à de l’assemblage de divers média. Je peins, j’installe,je photographie, je repeins, je bricole...je peins.